Un beau jour, nous nous sommes dit que nos longues, ridicules et aporétiques conversations de café méritaient peut-être d'être partagées.
La main dans les cheveux, la clope au bec et le dernier exemplaire de Citizen K sous le coude, nous étions las d'entendre que les écrivaillons de gare sont des Ecrivains, fatigués de lire les critiques dithyrambiques de films bateaux, et de constater que la doxa ("pensée commune", en grec) allie quasi nécessairement laideur et intellect - sans parler d'intelligence.
D'où ce blog, où dans une volonté d'allier plaisir et réflexion, profondeur et superficialité, approche empirique et second degré chronique, ces quelques articles touchent tant au théâtre qu'au cinéma, la philosophie, la manucure et la littérature...
Car, comme le dit Sade, il faut bien "jeter quelques pétales de rose sur les épines de la vie", ou rajouter du sucre dans nos allongés.

Mercredi 1 octobre 3 01 /10 /Oct 19:30

Ce qui m’a poussé à dépenser six euros cinquante pour aller voir  De la guerre à part le fait de tester en public mon association inédite veste Yves Saint Laurent vintage et  chaussures de drag queen était bien sur l’idée extatique de pouvoir contempler pendant une heure trente sur grand écran l’intello névrosé des intellos névrosés, le plus excitant des hypokhâgneux de quarante cinq ans : Mathieu Amalric. Rois et reines reste pour moi une sorte de perfection, L’histoire de Richard O avait l’immense mérite de montrer Amalric à poil et en action du début jusqu’à la fin du film.

 


Et bien il est terrible de voir que même lui, le héros fantasmatique par excellence des pétasses intellos, ne peut sauver ce film qui est, comment pourrait-on tourner cela élégamment, une daube.

 Il faut dire tout d’abord que Mathieu Amalric n’est pas seul, et il est plutôt mal accompagné, dans un crescendo de fadeur et d’inutilité on trouve : Asia Argento, Guillaume Depardieu, Clothilde Hesme et la chiantissime nouvelle recrue du cinéma français Léa Seydoux. (les deux derniers noms cités apparaissent dans le Top Ten des actrices françaises à euthanasier qui comporte aussi Virginie Ledoyen et Ludivine Seigner, un article est en cours à ce sujet.) Séparément ils sont déjà difficilement supportables mais ensemble, c’est presque une provocation de la part du réalisateur.

L’histoire -s’il faut vraiment en passer par là- commence quand Mathieu Amalric, cinéaste dans le film, se retrouve une nuit enfermé par erreur dans un cercueil, il ressort bouleversé de cette expérience transcendante et veut retrouver la jouissance de cette nuit sans pour autant « passer [sa] vie dans un cercueil », il le répète trois fois, appréciez amis pétasses la force du propos. Et il a beaucoup de chance parce qu’il tombe par hasard sur Guillaume Depardieu -qui a un mal fou à dire son texte ( pire que Léa Seydoux dans La belle personne ? oui, pire) -et qui accessoirement l’emmène dans une maison à la campagne, sorte de secte pour réapprendre à jouir à l’ère de la crise économique tenue par Asia Argento.

Le film est ennuyeux au possible, les acteurs passent le plus clair de leur temps à  se dandiner sur des musiques insupportables à l’oreille, mimant une pseudo transe seventies.

Le réalisateur essaye tant bien que mal d’intellectualiser tout ça en l’enrobant d’une sorte de rêverie sensuallo-poétique, doublée d’un essai de réflexion  philosophique sur le parallèle guerre/jouissance qui trouve sa justification dans les références au livre « de la guerre » qui courent pendant tout le film.

Pas de scène d’orgie sexuelle qui aurait pourtant pu donner un intérêt au film, en même temps on comprend un peu quand Bertrand( M.A.) refuse les avances de Léa Seydoux qui lui dit quelque chose comme « viens, on va faire l’amour, tu vas jouir bien et fort », ça fait peur d’autant plus que le réalisateur a eu la bonne idée de la faire teindre en rousse pour donner sûrement une aura plus solaire au personnage, finalement c’est plus schwartzkopf que solaire.

 

Donc pour finir, on ne voit Mathieu Amalric à poil que dans une scène, ce qui ne constitue pas une assez bonne raison pour aller voir le film.

 

 

Aude

Par Les Intellectuels vous emmerdent - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 octobre 3 01 /10 /Oct 19:19

Leçon n°7 : Sombrer dans la dévotion

 

Le Notre Père de la Pétasse

 

« Notre Père de la mode

 

Qu’Yves Saint Laurent soit sanctifié

 

Que Jean-Paul Gautier advienne

 

Que ta FashionWeek soit faite

 

Sur le bitume comme sur les podiums

 

Donne-nous aujourd’hui notre itbag quotidien.

 

Pardonne-nous nos fashion faux pas,

 

Comme nous les pardonnons à ceux qui les commettent,

 

Et ne nous laisse pas succomber à la tentation de Donatella

 

Mais délivre-nous de H&M. »

 

 

Essayez toujours

Aude & Ahty

Par Les Intellectuels vous emmerdent - Publié dans : Les devoirs de la pétasse intello
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 6 septembre 6 06 /09 /Sep 01:19

C’est la fin des vacances et vous avez oublié que le hot-dog de chez Crac-Crac Plage n’est pas un repas, voici quelques règles de rappel à l’ordre…

 


Leçon n°6 :
Ne pas manger mais "déjeuner" ou "diner"

 

Comme chaque année, c’est la rentrée, vous avez pris du poids à force de vous dorer la pilule sur la plage en vous enduisant d’huile Soleil-cheap achetée au boui-boui près de votre camping, malgré cela vous devez enchainer les déjeuners en terrasse avec vos amis qui n’ont pas pris un gramme et ont un bronzage parfait sans trace de coup de soleil. Tout d’abord, rappelez-vous que l’intello glam’ est toujours l’élément dominant d’un groupe. Puis souvenez-vous que vos amis sont comme vous et qu’ils mentent sur leur poids, que leur destination était Aurillac pendant trois semaines (lieu où la pluviométrie atteint des records chaque été) et que c’est vous qui leur avez offert cette formidable crème hydratante à autobronzant progressif qui donne un hale si naturel. Une fois rassuré(e), souvenez-vous que vous n’êtes plus chez votre Grand’ Tante Gudule, au fin fond de l’Ariège, et que les règles à une terrasse à laquelle nous déjeunons n’y sont pas exactement les mêmes. Nous ne cesserons de nous rappelez que vous n’êtes pas à Crac-crac Plage, et que pour cela vous ne tenterez pas de séduire la serveuse pour avoir une boisson gratuite.



Si vos retrouvailles avec votre ami(e) de cœur se déroulent au restaurant, au moment de la commande, si par malheur l’envie vous prenait de prier le serveur de vous amener une assiette de fromage  – car vous repensez aux fromages du terroir de votre normande Tatie Janou – rétractez-vous immédiatement au profit d’une assiette de charcuterie, car même en pensée c'est un crime contre la bienséance, surtout en présence de votre petit(e) ami(e). De plus, cela sonne mieux et puis vous ne causerez qu’un traumatisme moindre sur votre compagnon/compagne qui ne craindra plus la mort du glamour à sa table. Et si vraiment vous vous sentez nature et décoincé et que vous ne voyez pas le problème –si vous n’avez aucune éducation tout simplement - alors ayez la décence de déposer délicatement avec la pointe de votre couteau un gracieux triangle de camembert sur votre pain aux céréales et raisins secs, et ne pas l'écraser dans la baguette, tentant de vous en faire un sandwich, vous en mettant plein les doigts. Car, non, lécher du bleu d'auvergne collé à son index n'est pas excitant pour la personne en face, qui, en réalité, est obsédée par l'idée que le serveur so gay pense qu'elle sort avec un plouc
. De préférence commandez un tartare, un croque-madame ou une salade provençale. Les sonorités vous donneront un air malicieux et vous éviterons de passez pour un goinfre sorti droit de son Auvergne originelle.

Une dernière chose : préservez-vous (ou, du moins, préservez vos amis de l’humiliation) en ne recommandant pas de pain, vous n’êtes plus à la brasserie Les Algues et vous en avez eu suffisamment, c’est cela les bonnes manières.

 

Essayez toujours.

 

Ahty & Aude

Par Les Intellectuels vous emmerdent - Publié dans : Les devoirs de la pétasse intello
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 août 5 01 /08 /Août 02:56

Leçon n°5 : Le hâle de Paris

 

Ce n’est pas parce que certain d’entre nous ne partirons pas en août que le teint hâlé leur est interdit. Tous les hommes naissent et demeurent égaux en droits, ainsi la beauté doit être accessible à tous. Notre belle capitale regorge de lieux dans lesquels parfaire son bronzage est chose aisée. Mais à chaque lieu, son attitude.

Car nous n’irons pas nous promener à Paris-plage avec un vulgaire magazine et un quelconque short. Nous prendrons notre bain de soleil en pantalon avec une chemise  en lin dont nous aurons pris soin de remonter les manches, un pantalon léger et une paire d’immenses lunettes vintage. Nous nous exposerons, bien entendu, avec un chef d’œuvre de la littérature française ou russe. Ainsi, nous nous ferons ambassadeur du bon goût dans un espace fangeux. A l’inverse nous nous exposerons aux intellectuelles terrasses dotés d’un magazine, laissant nonchalamment trainer sur notre table notre Duras en cours… Car après tout, le Beau n’est-il pas en Britney Spears comme en chacun de nous selon la théorie platonicienne ? Toute personne voulant être de son temps doit s’alimenter d’actualités afin de pouvoir argumenter ses thèses comportementalistes sur la décadence chez les Paris Hilton et autres Lindsay Lohan. Il est entendu que, dans cette situation, une tenue des plus classiques est de rigueur, pinces et chemise blanche, par exemple.

 

Une règle d’or demeure dans chacune des situations : le short en ville est le summum du mauvais goût, pire que les tongs à la place des spartiates.

 

Pour ceux qui désireraient se dénuder afin de dorer leur corps, les petites pelouses entre les maisons de la cité universitaire restent les lieux les plus intimes pour ces pratiques. L’aspect anglais ajoute un charme fou à ces lieux, en périphérie parisienne (RER B, Cité Universitaire). Car il nous est absolument impossible de retirer le moindre vêtement sur les pelouses du Luxembourg ou de la Place des Vosges, hauts lieux de la mode. Nous nous y promènerons au summum de notre superficialité et de notre originalité, of course.

 

Nous disposerons toujours, dans notre daily-bag, d’un ouvrage de grande littérature ainsi que d’un magazine des plus bas, nichés entre notre crème solaire à la bêta-carotène et nos sun-glasses…


Essayez toujours,

A.

Par Les Intellectuels vous emmerdent - Publié dans : Les devoirs de la pétasse intello
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 27 juillet 7 27 /07 /Juil 04:30

Leçon n° 4: De la géographie utile avant toute chose

Dieu sait qu'il est vain de savoir situer les villes de la triste province française, leur fréquentation relevant de l'impossible et la France se limitant au périphérique intérieur. Hors de la capitale, avons-nous déjà aperçu un homme ayant le bon goût de porter un prince de Galles? Madame de Sévigné ne notait-elle pas déjà dans sa correspondance que la pauvre Madame de Grignan allait s'enterrer dans un bled une fois sortie de Paris? Nous nous devons donc de savoir nous situer dans Paris seulement. 
Pour autant nous ne pouvons passer pour des touristes dans les vocables dont nous usons car il n'est rien de plus détestables que la terminologie usitée par ces derniers. Qui ose parler du "Quartier latin"? Expression si imprécise! Afin de montrer que, pour nous, Paris relève d'un "espace vécu" (pour repréciser la notion, consulter les ouvrages d'Armand Frémont), nous proposerons à nos amis de nous retrouver dans le "Vè" ou le "VIè", et surtout à Odéon et non Saint-Michel, place de la Sorbonne et non Luxembourg... Car nous savons tous qu'il faut fuir les endroits où la faune touristique - affublée de mini-shorts bariolés et de tongs - afflue. Nous préfererons donc, pour parler repousse-cuticules en tout genre, un café d'habitués rue de Buci plutôt qu'une vulgaire terrasse place Saint-Michel.
Si la connaissance de la géographie extra-muros est une vanité, celle du corps relève de la nécessité car il faut savoir ce qu'est et ou se situe un cuticule. De même, la notion d'espace est primordiale afin que vos favoris, messieurs, soient toujours correctement taillés et que nos sourcils à tous et à toutes trouvent un dessin parfait entre le mont de notre arcade sourcilière et le littoral de notre mèche.

Essayez toujours.

A.

Par Les Intellectuels vous emmerdent - Publié dans : Les devoirs de la pétasse intello
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus