Vendredi 1 août 2008
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Leçon n°5 : Le hâle de Paris
Ce n’est pas parce que certain d’entre nous ne partirons pas en août que le teint hâlé leur est interdit. Tous les hommes
naissent et demeurent égaux en droits, ainsi la beauté doit être accessible à tous. Notre belle capitale regorge de lieux dans lesquels parfaire son bronzage est chose aisée. Mais à chaque lieu,
son attitude.
Car nous n’irons pas nous promener à Paris-plage avec un vulgaire magazine et un quelconque short. Nous prendrons notre bain
de soleil en pantalon avec une chemise en lin dont nous aurons pris soin de remonter les manches, un pantalon léger et une paire d’immenses lunettes
vintage. Nous nous exposerons, bien entendu, avec un chef d’œuvre de la littérature française ou russe. Ainsi, nous nous ferons ambassadeur du bon goût dans un espace fangeux. A l’inverse nous
nous exposerons aux intellectuelles terrasses dotés d’un magazine, laissant nonchalamment trainer sur notre table notre Duras en cours… Car après tout, le Beau n’est-il pas en Britney Spears
comme en chacun de nous selon la théorie platonicienne ? Toute personne voulant être de son temps doit s’alimenter d’actualités afin de pouvoir argumenter ses thèses comportementalistes sur
la décadence chez les Paris Hilton et autres Lindsay Lohan. Il est entendu que, dans cette situation, une tenue des plus classiques est de rigueur, pinces et chemise blanche, par exemple.
Une règle d’or demeure dans chacune des situations : le short en ville est le summum du mauvais goût, pire que les tongs
à la place des spartiates.
Pour ceux qui désireraient se dénuder afin de dorer leur corps, les petites pelouses entre les maisons de la cité
universitaire restent les lieux les plus intimes pour ces pratiques. L’aspect anglais ajoute un charme fou à ces lieux, en périphérie parisienne (RER B, Cité Universitaire). Car il nous est
absolument impossible de retirer le moindre vêtement sur les pelouses du Luxembourg ou de la Place des Vosges, hauts lieux de la mode. Nous nous y promènerons au summum de notre superficialité et
de notre originalité, of course.
Nous disposerons toujours, dans notre daily-bag, d’un ouvrage de grande littérature ainsi que d’un magazine des plus bas,
nichés entre notre crème solaire à la bêta-carotène et nos sun-glasses…
Essayez toujours,
A.
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