Mercredi 1 octobre 2008
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Leçon n°7 :
Sombrer dans la
dévotion
Le Notre Père de la
Pétasse
« Notre Père de la
mode
Qu’Yves Saint Laurent
soit sanctifié
Que Jean-Paul Gautier
advienne
Que ta FashionWeek soit
faite
Sur le bitume comme sur
les podiums
Donne-nous aujourd’hui
notre itbag quotidien.
Pardonne-nous nos fashion
faux pas,
Comme nous les pardonnons
à ceux qui les commettent,
Et ne nous laisse pas
succomber à la tentation de Donatella
Mais délivre-nous de
H&M. »
Essayez toujours
Aude & Ahty
Par Les Intellectuels vous emmerdent
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Samedi 6 septembre 2008
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C’est la fin des vacances et vous avez oublié que le hot-dog de chez Crac-Crac Plage n’est pas un
repas, voici quelques règles de rappel à l’ordre…
Leçon n°6 : Ne pas manger mais "déjeuner" ou "diner"
Comme chaque année, c’est la rentrée, vous avez pris du poids à force de vous dorer la pilule sur
la plage en vous enduisant d’huile Soleil-cheap achetée au boui-boui près de votre camping, malgré cela vous devez enchainer les déjeuners en
terrasse avec vos amis qui n’ont pas pris un gramme et ont un bronzage parfait sans trace de coup de soleil. Tout d’abord, rappelez-vous que l’intello glam’ est toujours l’élément dominant d’un
groupe. Puis souvenez-vous que vos amis sont comme vous et qu’ils mentent sur leur poids, que leur destination était Aurillac pendant trois semaines (lieu où la pluviométrie atteint des records
chaque été) et que c’est vous qui leur avez offert cette formidable crème hydratante à autobronzant progressif qui donne un hale si naturel. Une fois rassuré(e), souvenez-vous que vous n’êtes
plus chez votre Grand’ Tante Gudule, au fin fond de l’Ariège, et que les règles à une terrasse à laquelle nous déjeunons n’y sont pas exactement les mêmes. Nous ne cesserons de nous rappelez que
vous n’êtes pas à Crac-crac Plage, et que pour cela vous ne tenterez pas de séduire la serveuse pour avoir une boisson gratuite.
Si vos retrouvailles avec votre ami(e) de cœur se
déroulent au restaurant, au moment de la commande, si par malheur l’envie vous prenait de prier le serveur de vous amener une assiette de fromage –
car vous repensez aux fromages du terroir de votre normande Tatie Janou – rétractez-vous immédiatement au profit d’une assiette de charcuterie, car même en pensée c'est un crime contre la
bienséance, surtout en présence de votre petit(e) ami(e). De plus, cela sonne mieux et puis vous ne causerez qu’un traumatisme moindre sur votre compagnon/compagne qui ne craindra plus la mort du
glamour à sa table. Et si vraiment vous vous sentez nature et décoincé et que vous ne voyez pas le problème –si vous n’avez aucune éducation tout simplement - alors ayez la décence de déposer
délicatement avec la pointe de votre couteau un gracieux triangle de camembert sur votre pain aux céréales et raisins secs, et ne pas l'écraser dans la baguette, tentant de vous en faire un
sandwich, vous en mettant plein les doigts. Car, non, lécher du bleu d'auvergne collé à son index n'est pas excitant pour la personne en face, qui, en réalité, est obsédée par l'idée que le
serveur so gay pense qu'elle sort avec un plouc. De préférence commandez un tartare, un croque-madame ou une salade provençale. Les sonorités vous donneront un
air malicieux et vous éviterons de passez pour un goinfre sorti droit de son Auvergne originelle.
Une dernière chose : préservez-vous (ou, du moins, préservez vos amis de l’humiliation) en ne
recommandant pas de pain, vous n’êtes plus à la brasserie Les Algues et vous en avez eu suffisamment, c’est cela les bonnes
manières.
Essayez toujours.
Ahty & Aude
Par Les Intellectuels vous emmerdent
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Vendredi 1 août 2008
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Leçon n°5 : Le hâle de Paris
Ce n’est pas parce que certain d’entre nous ne partirons pas en août que le teint hâlé leur est interdit. Tous les hommes
naissent et demeurent égaux en droits, ainsi la beauté doit être accessible à tous. Notre belle capitale regorge de lieux dans lesquels parfaire son bronzage est chose aisée. Mais à chaque lieu,
son attitude.
Car nous n’irons pas nous promener à Paris-plage avec un vulgaire magazine et un quelconque short. Nous prendrons notre bain
de soleil en pantalon avec une chemise en lin dont nous aurons pris soin de remonter les manches, un pantalon léger et une paire d’immenses lunettes
vintage. Nous nous exposerons, bien entendu, avec un chef d’œuvre de la littérature française ou russe. Ainsi, nous nous ferons ambassadeur du bon goût dans un espace fangeux. A l’inverse nous
nous exposerons aux intellectuelles terrasses dotés d’un magazine, laissant nonchalamment trainer sur notre table notre Duras en cours… Car après tout, le Beau n’est-il pas en Britney Spears
comme en chacun de nous selon la théorie platonicienne ? Toute personne voulant être de son temps doit s’alimenter d’actualités afin de pouvoir argumenter ses thèses comportementalistes sur
la décadence chez les Paris Hilton et autres Lindsay Lohan. Il est entendu que, dans cette situation, une tenue des plus classiques est de rigueur, pinces et chemise blanche, par exemple.
Une règle d’or demeure dans chacune des situations : le short en ville est le summum du mauvais goût, pire que les tongs
à la place des spartiates.
Pour ceux qui désireraient se dénuder afin de dorer leur corps, les petites pelouses entre les maisons de la cité
universitaire restent les lieux les plus intimes pour ces pratiques. L’aspect anglais ajoute un charme fou à ces lieux, en périphérie parisienne (RER B, Cité Universitaire). Car il nous est
absolument impossible de retirer le moindre vêtement sur les pelouses du Luxembourg ou de la Place des Vosges, hauts lieux de la mode. Nous nous y promènerons au summum de notre superficialité et
de notre originalité, of course.
Nous disposerons toujours, dans notre daily-bag, d’un ouvrage de grande littérature ainsi que d’un magazine des plus bas,
nichés entre notre crème solaire à la bêta-carotène et nos sun-glasses…
Essayez toujours,
A.
Par Les Intellectuels vous emmerdent
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Dimanche 27 juillet 2008
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04:30
Leçon n° 4: De la géographie utile avant toute chose
Dieu sait qu'il est vain de savoir situer les villes de la triste province française, leur fréquentation relevant de
l'impossible et la France se limitant au périphérique intérieur. Hors de la capitale, avons-nous déjà aperçu un homme ayant le bon goût de porter un prince de Galles? Madame de Sévigné ne
notait-elle pas déjà dans sa correspondance que la pauvre Madame de Grignan allait s'enterrer dans un bled une fois sortie de Paris? Nous nous devons donc de savoir nous situer dans Paris
seulement.
Pour autant nous ne pouvons passer pour des touristes dans les vocables dont nous usons car il n'est rien de plus détestables que la terminologie usitée par ces derniers. Qui ose parler du
"Quartier latin"? Expression si imprécise! Afin de montrer que, pour nous, Paris relève d'un "espace vécu" (pour repréciser la notion, consulter les ouvrages d'Armand Frémont), nous
proposerons à nos amis de nous retrouver dans le "Vè" ou le "VIè", et surtout à Odéon et non Saint-Michel, place de la Sorbonne et non Luxembourg... Car nous savons tous qu'il faut fuir les
endroits où la faune touristique - affublée de mini-shorts bariolés et de tongs - afflue. Nous préfererons donc, pour parler repousse-cuticules en tout genre, un café d'habitués rue de Buci
plutôt qu'une vulgaire terrasse place Saint-Michel.
Si la connaissance de la géographie extra-muros est une vanité, celle du corps relève de la nécessité car il faut savoir ce qu'est et ou se situe un cuticule. De même, la notion d'espace est
primordiale afin que vos favoris, messieurs, soient toujours correctement taillés et que nos sourcils à tous et à toutes trouvent un dessin parfait entre le mont de notre arcade sourcilière et le
littoral de notre mèche.
Essayez toujours.
A.
Par Les Intellectuels vous emmerdent
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Lundi 21 juillet 2008
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23:38
La tension entre les deux
infinis que sont l'en-soi de l'Intellectuel et l'en soi de la Pétasse est une hygiène de vie qu'il faut absolument tenir car cela est une chose terrible que d'appartenir au commun de
l'un d'eux. Voici quelques règles à tenir afin d'y parvenir...
Leçon n°1: "Fais en sorte que la maxime de tes actions soit érigeable en maxime universelle", "Je ne fais pas de fashion
faux-pas ne les tolérant pas chez les autres"
Il est nécessaire de maîtriser les deux bibles que sont Les Fondements de la
métaphysique des moeurs et le magazine de mode (Citizen K, pour les hommes, of course). Cela permet d'être toujours écrasant que ce soit auprès d'un horrible spécialiste de Kirkegaard aux
cheveux gras ou d'une pouffiasse Kate Moss du VIè (arrondissement). Car vous pourrez ainsi montrer aux laids intellectuels qu'il existe un domaine - celui de l'immanence - auquel ils n'ont pas
accès et qu'ainsi ils n'appartiennent pas au monde. Quant à votre amie pouffiasse, vous serez en mesure de lui expliquer que la question du port ou non de low boots ne relève pas du domaine de la
morale mais de celui de l'éthique; le cas échéant, vous pourrez toujours la renvoyer à l'édition lycée des Fondements...
Leçon n°2: Maîtriser la technique du naturel
Chacun doit savoir que lorsque nous "n'avons pas eu le temps de nous préparer parce que nous étions plongés dans la relecture de quelques lignes d'Aragon", cela doit signifier que l'étape
brushing coiffé-décoiffé a duré seulement quinze minutes, application de la mousse invisible comprise. Et que nous n'avions préparé que depuis la veille notre tenue négligée. Être négligé
signifiant enfiler votre jean slim basic de la mode avec le pull que vous avez volontairement acheté une taille au dessus parce qu'il est telllement plus sexy ainsi et qu'il serait parfait sur
votre basic. Vos chaussures ce jour-là serons bien entendu du meilleur des goûts et s'accorderont parfaitement avec le basic puisque vous savez tout accorder. Il est entendu que la maîtrise
de ce look passe d'abord par la maîtrise générale de sa garde robe...
Leçon n°3: De l'élégance et du snobisme intellectuel pour le commun et le
prosaïsme et la vulgarité pour la culture
Partons d'un exemple: votre dernier ex n'est pas un "salaud" mais un "en-soi du rêve brisé", cela est tout de même plus élégant et vous passerez moins pour un/une imbécile
dont on comprend les raisons de son célibat. De même, votre amie n'est pas "teubée qu'à rien compris au deuxième
degré" mais c'est "une petite conne pleine de
prosaïsme embousée dans l'immanence"; on ne dira pas non plus que le "diner était sympa" (le concept de choses "sympas" étant à banir pour aller vers l'extraordinaire) mais on parlera d'une
"soirée divine pour le corps et l'âme"; un vernis à ongles n'est donc plus "trop beau" mais "fabuleux", etc.
Il ne faut donc pas rechigner à l'emploi de l'hyperbole et d'un vocabulaire varié, le tout garni d'adverbes finissant par -ment. Le prosaïsme restera reservé aux choses de l'esprit, du type "la
théorie de liberté de Leibniz est naze", il sera du meilleur goût d'argumenter votre thèse avec les termes les plus fleuris (ex: "Leibniz, ce con dit que...").
Afin d'acquérir ce langage - que vous emploierez jusqu'au Banana Café dans votre top stretch H&M - il sera bon de revoir les films d'Eric Rohmer ainsi que l'ensemble des épisodes de Desperate
Housewifes dans lesquels apparaît le personnage de Bree.
Essayez toujours.
A.
Par Les Intellectuels vous emmerdent
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